Amendement n° 26 · Séance publique

RENFORCER LA PROTECTION DES MINEURS EN FORMATION PROFESSIONNELLE

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Score de criticité
3/5 NOTABLE
Auteur
Chazé Cendrine
Texte
Texte de la commission, n° 2878-A0 — Art. Article 4
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Texte officiel — non généré par Amenda
Article 4

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Le présent amendement tend à supprimer l’article 4 de la proposition de loi. Si l’objectif de protection des mineurs en formation est pleinement partagé, le critère retenu pour fonder l’interdiction de conclure des conventions de stage ou des contrats d’apprentissage apparaît à la fois inadapté et disproportionné. Le taux de sinistralité d’une entreprise est un indicateur agrégé qui dépend de nombreux paramètres (taille de la structure, secteur d’activité, nature des métiers exercés, périmètre de calcul retenu) et ne permet pas d’apprécier spécifiquement les conditions d’accueil, d’encadrement et de protection réservées aux jeunes en formation. Une entreprise peut présenter un taux de sinistralité élevé du seul fait de la nature de son activité, indépendamment de tout manquement à ses obligations de prévention à l’égard des apprentis et stagiaires. Par ailleurs, le dispositif prévu à l’article 4 ne se limite pas aux mineurs : il interdit la conclusion de toute convention de stage ou de tout contrat d’apprentissage, quel que soit l’âge du bénéficiaire, dès lors que l’entreprise dépasse le seuil de sinistralité fixé par décret. La portée de la mesure excède donc très largement l’objectif affiché de protection des mineurs, au risque de priver un nombre significatif de jeunes, y compris majeurs, d’un accès à l’entreprise et à l’alternance. Une interdiction automatique fondée sur un indicateur aussi général n’est pas de nature à améliorer concrètement la sécurité des jeunes en formation. Elle pénaliserait en revanche des entreprises qui peuvent avoir engagé des démarches sérieuses de prévention sans que leurs indicateurs agrégés reflètent encore ces efforts. Il serait plus efficace de privilégier une logique d’accompagnement et d’incitation : les CARSAT disposent déjà de leviers permettant d’attribuer des réductions de cotisation accidents du travail et maladies professionnelles aux entreprises qui mettent volontairement en œuvre des moyens de prévention renforcés. Ce type de mécanisme permet d’encourager des progrès réels et mesurables en matière de sécurité, sans fermer l’accès à l’apprentissage. Rappelons enfin que l’apprentissage constitue l’un des dispositifs d’insertion les plus efficaces pour les jeunes peu ou moyennement qualifiés : le taux d’emploi salarié privé à six mois des apprentis sortis avec un niveau CAP à BTS oscille entre 60 % et 65 % pour les générations sorties entre 2019 et 2022. Restreindre l’accès des jeunes à l’entreprise fragiliserait une voie d’insertion dont l’efficacité est aujourd’hui démontrée. En conséquence, il est proposé de supprimer le présent article.

En clair

L'amendement propose de supprimer une disposition qui interdit aux entreprises à haut risque de former des apprentis ou stagiaires, argumentant que ce critère est trop général et pénalise des entreprises honnêtes.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle interdit aux entreprises avec un taux d'accidents élevé (sinistralité) ou des antécédents juridiques de conclure des contrats d'apprentissage ou des conventions de stage, quel que soit l'âge des candidats. Elle applique ce critère à tous, y compris les jeunes adultes.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

Si l'amendement est adopté, cette restriction disparaît : les entreprises ne sont plus automatiquement bloquées pour former des jeunes, même s'il y a un taux d'accidents élevé, à condition qu'elles respectent les normes de sécurité.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
Employeurs et chefs d'entrepriseÉtudiantsFamilles
Acteurs
EntreprisesCollectivités territorialesOrganisations syndicales et patronales
Secteurs
Sécurité et ordre publicÉconomie et emploiÉducation et formation
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Plus d'entreprises pourraient offrir des stages et apprentissages, même avec un taux d'accidents élevé
  2. Les jeunes pourraient avoir moins d'accès à des formations en entreprise, surtout dans les secteurs à risque
  3. Les entreprises en difficulté pourraient être incitées à améliorer leur sécurité sans perte d'opportunités
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Le critère basé sur un taux d'accidents global est inadapté : une entreprise peut avoir un taux élevé pour des raisons externes (secteur d'activité), pas pour négliger la sécurité des jeunes
  • Les mécanismes existants (réductions de cotisation) incitent mieux les entreprises à améliorer leur sécurité que des interdictions automatiques
▼ Contre l'amendement
  • Supprimer cette disposition pourrait laisser des entreprises à haut risque de négliger la protection des jeunes en formation
  • Les apprentissages sont un levier crucial pour l'insertion des jeunes, et restreindre leur accès risque de les marginaliser

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