Amendement n° 37 · Séance publique

PRÉVENIR LES OCCUPATIONS SANS DROIT NI TITRE EN ENCADRANT LA SOUSCRIPTION DES CONTRATS ESSENTIELS

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Score de criticité
4/5 MAJEUR
Auteur
Nosbé Sandrine
Texte
Texte de la commission, n° 2926-A0 — Art. Article 2 BIS
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Texte officiel — non généré par Amenda
Article 2 BIS

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l'article 2 bis. Dans le prolongement de la loi Kasbarian, cet article vise à permettre au préfet d’ordonner la coupure d’accès à l'énergie dans le cadre d'une occupation jugée illicite, y compris en l'absence de mise en demeure de quitter les lieux. L'article 38 de la loi DALO permet au propriétaire victime d'un squat de saisir le préfet, qui peut alors mettre en demeure l'occupant de quitter les lieux (dans un délai de 48h) et procéder à l'évacuation forcée si la mise en demeure reste sans effet. La loi Kasbarian-Bergé avait modifié cet article pour étendre la notion de domicile qui était couvert par l’article 38 à tout type de locaux d’habitation. L’article 2 bis crée ici un pouvoir autonome et parallèle : indépendamment de la décision sur la mise en demeure de quitter les lieux, le préfet peut ordonner au gestionnaire de réseau de couper l'alimentation du logement en question. Sur simple décision préfectorale, il serait désormais possible de couper l'accès à l'énergie des occupants. Cet article, comme l’ensemble du texte, ne vise pas à protéger les propriétaires d’une violation de leur domicile puisque l’arsenal législatif existe déjà et permet aux forces de police d’intervenir. Il n’a pas non plus pour objet de protéger les petits propriétaires bailleurs contre un squat ou un impayé de loyer qui les mettrait en difficulté financière. La réponse, pour eux, se trouve dans l’instauration de la garantie universelle des loyers, que refuse la macronie. Cet article ne vise qu'à défendre le patrimoine des multipropriétaires au détriment des personnes les plus pauvres pour lesquelles le squat est une stratégie de survie.

En clair

L'amendement vise à supprimer une disposition permettant au préfet de couper l'énergie d'un logement occupé illégalement, sans attendre une éviction préalable.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle autorise le préfet à demander des documents à un fournisseur d'énergie s'il soupçonne des fraudes, puis à suspendre le contrat d'énergie si ces documents sont jugés faux. Cela permet une action administrative indépendante de l'évacuation des squats.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

Si l'amendement est adopté, cette disposition sera supprimée, empêchant le préfet de couper l'énergie d'un logement occupé illégalement sans procédure d'évacuation préalable.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
PropriétairesLocatairesCitoyens
Acteurs
État et administrations centrales
Secteurs
Immobilier et logementSécurité et ordre publicDroits fondamentaux et libertés
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Protéger les personnes vulnérables (pauvres, sans-abri) contre une coupure d'énergie arbitraire
  2. Empêcher les propriétaires de se défendre contre les squats via un pouvoir administratif direct
  3. Moduler les procédures d'évacuation en réduisant les outils de l'État
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Éviter que le préfet ne prive des personnes en difficulté d'accès à l'énergie, un besoin essentiel
  • Respecter les limites des pouvoirs administratifs et privilégier les procédures judiciaires existantes
▼ Contre l'amendement
  • Rendre plus difficile l'évacuation des squats pour les propriétaires, surtout les petits bailleurs
  • Créer un risque de prolongation des occupations illégales sans sanction immédiate

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