Amendement n° 11 · Séance publique

SIMPLIFICATION ADMINISTRATIVE DES DROITS ET PRESTATIONS POUR LES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP

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Score de criticité
4/5 MAJEUR
Auteur
Hamdane Zahia
Texte
Proposition de loi, n° 1827 — Art. Après l'article PREMIER
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Après l'article PREMIER

Dans un délai de six mois après la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport présentant un plan d’accès à l’emploi et aux droits sociaux des personnes en situation de handicap. Il donne des pistes de financement des dispositifs en faveur de l’insertion professionnelle, en privilégiant l’établissement de recettes nouvelles. Il évalue les disparités d’implantation des établissements et services de préorientation ou de réadaptation professionnelle d’un département à l’autre ainsi que l’impact sur les bénéficiaires. Enfin il envisage les conséquences sur les conditions de travail des travailleurs en établissements et services d’accompagnement par le travail de l’application des textes les plus favorables entre le statut protecteur dont ils bénéficient et le statut de salarié issu du code du travail.

Exposé sommaire

Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise sollicite une demande de rapport sur l’accès à l’emploi et aux droits sociaux en matière de travail des personnes en situation de handicap. Selon la CNSA, en France, en 2023, le taux de chômage de la population avec une reconnaissance administrative du handicap est de 12%, soit de 5 points supérieur à celui de l’ensemble de la population qui est de 7%. Des dispositifs existent comme les établissement et services de pré-orientation (ESPO) qui accompagnent les personnes reconnues travailleurs handicapées dans leur parcours d’orientation et d’insertion ou réinsertion dans l’emploi. Cependant leur nombre de 60 en France laisse des départements non pourvus et des bénéficiaires n’y ayant pas accès, notamment ceux pour qui rencontrent des difficultés de mobilité les maintenant à distance de ces structures. De même les établissement et services de réadaptation professionnelle (ESRP), qui aident à la formation, à l’accès aux qualifications ou diplôme et à l’accès à l’emploi ne sont que 80 dans notre pays. D’après la CNSA, en décembre 2024, les 1500 établissements et services d’accompagnement par le travail (ESAT) emploient près de 120 000 travailleurs handicapés en milieu « protégé ». Cependant, le budget 2026 effectue des coupes budgétaires dans le financement des ESAT, les crédits alloués à l’aide au poste au titre de la garantie de rémunération des travailleurs handicapés sont diminués de 41 millions. Il faudrait y ajouter 16 millions de coupes supplémentaires au titre de l'inflation non compensée. De plus les droits des travailleurs handicapés, qui dépendent du code de l’action sociale et des familles et non du code du travail, ne sont pas encore alignés avec ceux des salariés. Les droits nouveaux datant du 1e juillet 2024 demandent à être évalués quant à leur mise en place effective, notamment par l’installation des institutions représentatives du personnel et reconnaître le droit de grève. La rémunération est également insuffisante puisque comprise entre 55% et 110% du SMIC sans possibilité d’évolution salariale étant donné que ni la prise en compte de l’ancienneté ni les conventions collectives n’existent pour ces travailleurs. Rien ne justifie cette rémunération en dessous du salaire minimum. Ainsi, il faudrait appliquer les textes les plus favorables entre le statut protecteur en ESAT, payé a minima au niveau du SMIC, et le statut de salarié·e issu du code du travail. Enfin, il est impérieux d’organiser le contrôle régulier par l’État des lieux de travail en milieu protégé et le transfert de sa gestion en cas de défaillance et le renforcement des dispositifs d’alerte pour lutter contre les maltraitances. Pour toutes ces raisons, cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise sollicite une demande de rapport sur l’accès à l’emploi et aux droits sociaux en matière de travail des personnes en situation de handicap.

En clair

Un amendement exige une évaluation du droit au travail et aux droits sociaux des personnes handicapées, avec un plan d'action pour réduire les inégalités.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle accorde des droits sociaux spécifiques aux personnes handicapées ayant un emploi stable, mais ne traite pas les disparités d'accès aux services d'insertion professionnelle ou les inégalités de financement des dispositifs d'accompagnement.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

Le gouvernement devrait rendre un rapport évaluant l'accès à l'emploi et aux droits sociaux des personnes handicapées, en identifiant les écarts entre les départements, en proposant des financements équitables, et en alignant leurs droits sur ceux des salariés.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
Personnes en situation de handicapEmployeurs et chefs d'entrepriseÉtudiants
Acteurs
Collectivités territorialesOrganisations syndicales et patronales
Secteurs
Droits fondamentaux et libertésÉconomie et emploiAdministration publique et collectivités
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Amélioration de l'accès à l'emploi pour les personnes handicapées en raison d'un financement accru des dispositifs d'insertion
  2. Réduction des inégalités entre les départements grâce à une meilleure répartition des services d'accompagnement
  3. Protection renforcée des droits des travailleurs handicapés en cas de conflit entre statut de salarié et statut protégé
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Crée un mécanisme de suivi pour corriger les écarts de financement et d'accès aux services
  • Aligne les droits des travailleurs handicapés sur ceux des salariés, renforçant leur autonomie
▼ Contre l'amendement
  • Pourrait entraîner des coûts administratifs importants pour le gouvernement
  • Risque de complexifier les réglementations existantes sans garantie de mise en œuvre effective

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