Amendement n° 9 · Séance publique

RELANCER LE SECTEUR DU LOGEMENT

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Score de criticité
3/5 NOTABLE
Auteur
Marchive Bastien
Texte
Proposition de loi, n° 1411 — Art. Article 3
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Article 3

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

L’article 3 de la présente proposition de loi supprime la prise en compte du niveau de performance énergétique d’un logement comme prérequis à sa décence. En maintenant ad vitam aeternam les passoires énergétiques sur le marché locatif, cet article nie le fait que la décence énergétique d’un logement constitue un élément essentiel pour garantir de bonnes conditions de vie aux locataires et préserver leur pouvoir d’achat, eu égard aux factures d’énergie inhérentes à la vie dans une passoire énergétique. Il réfute également l’usage du Diagnostic de Performance Energétique (DPE) comme outil de valorisation de leur bien à tous ces propriétaires qui se sont engagés dans la rénovation de leur logement. Il nie aussi tous les efforts que la filière du bâtiment a mis en œuvre pour se structurer afin de répondre à la demande croissante de rénovation. Il récuse enfin l’objectif fixé de neutralité carbone à horizon 2050, à l’heure où le secteur du bâtiment représente toujours près de 20% des émissions de gaz à effet de serre et constitue à cet égard un élément déterminant pour y parvenir. Certes, la fiabilité du DPE doit encore progresser et les contrôles être accentués, tout comme l’accompagnement à la rénovation énergétique avec le dispositif Ma Prime Rénov doit être renforcé. Mais en choisissant de supprimer sa prise en compte comme critère de décence d’un logement, cet article acte une politique de renonciation face aux engagements climatiques de la France. A l’inverse, une réponse ambitieuse et cohérente, consistant à mieux prendre en compte les situations dans lesquelles des contraintes extérieures freinent la rénovation énergétique, doit être portée. Tel est notamment l’objet de la proposition de loi visant à clarifier les obligations de rénovation énergétique des logements dont notre groupe, comme bon nombre d’acteurs du secteur, appelle à la réinscription rapide à l’ordre du jour de notre Assemblée. Au regard de tous ces éléments, la suppression de cet article proposée via cet amendement s’impose donc comme une mesure de protection des locataires et des propriétaires mais aussi de cohérence et de responsabilité au regard de nos engagements environnementaux.

En clair

L'amendement supprime la condition de performance énergétique pour juger la décence d'un logement, affectant les propriétaires et locataires.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle exige que le niveau de performance énergétique d’un logement soit pris en compte pour juger de sa décence.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

L’amendement propose de supprimer cette exigence, ce qui signifie que la décence d’un logement ne sera plus évaluée en fonction de son niveau d’efficacité énergétique.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
LocatairesPropriétairesFamilles
Acteurs
Collectivités territoriales
Secteurs
Construction et urbanismeEnvironnementImmobilier et logement
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Les locataires pourraient subir des coûts énergétiques plus élevés en raison de logements moins performants.
  2. Les propriétaires n'auront plus d'incitations légales à rénover leurs logements pour améliorer l'efficacité énergétique.
  3. L'objectif de neutralité carbone d'horizon 2050 pourrait être compromis en raison de l'impact des passoires énergétiques.
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Protéger les locataires des coûts énergétiques excessifs liés aux logements inefficaces.
  • Réduire la pression sur les propriétaires pour rénover leurs logements, favorisant une offre de logement plus accessible.
▼ Contre l'amendement
  • Minimiser les efforts des acteurs du bâtiment pour améliorer la performance énergétique, risquant d'augmenter les émissions de gaz à effet de serre.
  • Affaiblir la crédibilité des diagnostics de performance énergétique (DPE) et la valorisation des biens rénovés.

 Amenda informe, elle ne décide pas à votre place. Les analyses sont strictement factuelles et sourcées — le jugement politique vous appartient.