Amendement n° 12 · Séance publique

RELANCER LE SECTEUR DU LOGEMENT

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Score de criticité
3/5 NOTABLE
Auteur
Labaronne Daniel
Texte
Proposition de loi, n° 1411 — Art. Après l'article 5
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Après l'article 5

Dans un délai de six mois, à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant les effets de l'abaissement à dix ans de la durée de détention nécessaire pour bénéficier d’une exonération de prélèvement fiscal sur les plus‑values.

Exposé sommaire

Face à la pénurie de logement dans les zones tendues, il est impératif de faciliter l’accès à des logements abordables pour le plus grand nombre, sur l’ensemble du territoire. Il convient également de rationaliser les dépenses publiques consacrées au secteur du logement, qui représentaient en 2021 plus de 38 milliards d’euros, soit environ 1,5 % du PIB. La réforme de la fiscalité sur les plus-values de cession de foncier constitue un levier à la fois structurel et incitatif pour favoriser la remise sur le marché de logements actuellement, tout en préservant les équilibres budgétaires. Actuellement, un abattement pour durée de détention d’une résidence secondaire est appliqué lors du calcul de la plus-value. L’exonération totale des plus-values immobilières au titre de l’impôt sur le revenu est acquise à l’issue d’un délai de détention de vingt-deux ans et l’exonération des prélèvements sociaux est acquise à l’issue d’un délai de détention de trente ans. Un dispositif qui alimente considérablement la rétention immobilière, notamment dans les zones tendues et réduit sensiblement les recettes fiscales du secteur. Afin de redynamiser le marché immobilier et d’encourager la libération des biens détenus de longue date, l'article 1er de la présente proposition de loi vise à ramener la durée de détention nécessaire à 10 ans pour bénéficier d’une exonération de prélèvement fiscal sur les plus-values. Toutefois, une telle mesure présente plusieurs écueils. D’une part, elle pourrait engendrer un effet d’aubaine massif, au bénéfice d’investisseurs souvent situés en dehors des zones les plus en tension, sans véritable ciblage social ou territorial. D’autre part, elle pourrait entrainer un manque à gagner significatif pour les finances publiques, à rebours des efforts de maîtrise budgétaire en cours. Une exonération aussi rapide risquerait également d’accroître les comportements spéculatifs, sans garantie que les biens remis sur le marché contribuent à l’accès au logement des ménages locaux. Enfin, la mesure n'intègre aucun garde-fou. Il serait pertinent qu'en cas de revente du bien, le nouvel acquéreur s’engage à ce que le logement acquis demeure à destination de l’occupation ou à la location à usage d’habitation principale. A défaut, l’acquéreur serait redevable d'une amende d'un montant égal à 5 % du prix de cession mentionné dans l'acte. Le présent amendement propose ainsi une approche équilibrée, en demandant un rapport d’évaluation, préalable à toute modification définitive du dispositif fiscal.

En clair

Un amendement qui exige que le gouvernement évalue l'impact d'une réduction de la durée de détention des biens immobiliers pour bénéficier d'exonérations fiscales avant de modifier le dispositif.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle prévoit une entrée en vigueur le 1er janvier 2026, sans mention d'une évaluation préalable des effets de la réduction de la durée de détention pour les exonérations fiscales sur les plus-values immobilières.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

Si l'amendement est adopté, le gouvernement devra rendre un rapport évaluant les conséquences de la réduction de la durée de détention (de 22 à 10 ans) avant toute modification définitive du dispositif fiscal.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
PropriétairesCitoyensÉtudiants
Acteurs
Collectivités territorialesEntreprisesAutorités administratives indépendantes
Secteurs
FiscalitéImmobilier et logementFinances publiques
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Une réduction de la durée de détention pourrait générer un manque à gagner important pour les finances publiques
  2. L'absence de garde-fou risque d'encourager des transactions spéculatives sans impact réel sur l'offre de logements
  3. L'évaluation préalable permettrait d'ajuster la mesure avant un changement définitif
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Une évaluation préalable garantit une prise de décision éclairée sur l'efficacité de la réforme
  • Cette démarche renforce la transparence et la responsabilité du gouvernement
▼ Contre l'amendement
  • Un délai d'évaluation pourrait ralentir l'application d'une mesure censée stimuler le marché immobilier
  • Les acteurs économiques pourraient se méfier d'une procédure jugée formelle et peu opérationnelle

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