Amendement n° 6 · Séance publique

INTERDIRE LE MAINTIEN DANS L’HÉBERGEMENT D’URGENCE AUX IMMIGRÉS ILLÉGAUX

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Score de criticité
3/5 NOTABLE
Auteur
Colin-Oesterlé Nathalie
Texte
Proposition de loi, n° 2229 — Art. Article UNIQUE
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Article UNIQUE

Rédiger ainsi cet article : « L’article L. 345‑2‑2 du code de l’action sociale et des familles est complété par un alinéa ainsi rédigé : « L’étranger ne bénéficiant pas d’un droit au séjour en France et faisant l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l’article L. 611‑1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou d’une mesure d’expulsion en application des articles L. 631‑1 à L. 631‑3 du même code ne peut être hébergé au sein du dispositif d’hébergement d’urgence seulement dans l’attente de son éloignement. »

Exposé sommaire

Le dispositif d’hébergement d’urgence fait face à une saturation chronique malgré un effort financier de l’État et un parc d’hébergement atteignant désormais plus de 200 000 places. Face à cette réalité, le groupe Horizons & Indépendants considère qu’il revient également au législateur d’examiner les moyens permettant d’améliorer l’efficacité du dispositif actuel. Pour autant, cette proposition de loi soulève en l’état de sérieuses questions constitutionnelles et éthiques : l’exclusion automatique et immédiate des personnes sous OQTF du dispositif d’hébergement d’urgence risquerait de précariser encore davantage des milliers de personnes. Une telle politique pourrait, de plus, avoir des effets largement contre-productifs en termes d’ordre public et de santé publique. En conséquence, le groupe Horizons & Indépendants propose de retrouver la voie médiane qui avait été adoptée lors de l’examen du projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration de 2024. Son article 67, censuré par le Conseil constitutionnel car cavalier législatif, prévoyait que les personnes faisant l’objet d’une OQTF ou d’une mesure d’éloignement demeurent éligibles à l’hébergement d’urgence dans l’attente effective de leur départ, permettant d’organiser leur éloignement dans des conditions dignes.

En clair

L'amendement permettrait aux personnes sous ordre de quitter le territoire français d'accéder à l'hébergement d'urgence pendant leur attente de départ, contrairement à la loi actuelle.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle interdit l'hébergement d'urgence aux étrangers sans droit de séjour confrontés à une décision d'éloignement ou d'expulsion, limitant leur accès aux services sociaux.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

L'amendement autoriserait ces personnes à rester en hébergement d'urgence pendant leur attente de départ, facilitant une gestion plus structurée de leur éloignement.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
Personnes en situation de handicapFamillesÉtudiants
Acteurs
Collectivités territoriales
Secteurs
Sécurité et ordre publicDroits fondamentaux et libertésImmobilier et logement
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Amélioration des conditions d'attente pour les personnes sous décision d'éloignement
  2. Risque accru de surpopulation dans les centres d'hébergement d'urgence
  3. Impact sur la gestion des flux migratoires et l'ordre public
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Permet une gestion plus humaine et structurée des éloignements, évitant des situations précaires
  • Facilite l'organisation des départs en conditions dignes, réduisant les risques de conflits
▼ Contre l'amendement
  • Pourrait saturer davantage les infrastructures d'hébergement déjà à la limite de leur capacité
  • Mettait en danger l'efficacité des mesures de sécurité et de contrôle aux frontières

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