Amendement n° 5 · Séance publique

INTERDIRE LE MAINTIEN DANS L’HÉBERGEMENT D’URGENCE AUX IMMIGRÉS ILLÉGAUX

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Score de criticité
4/5 MAJEUR
Auteur
Dupont Stella
Texte
Proposition de loi, n° 2229 — Art. Article UNIQUE
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Article UNIQUE

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

En 2009, le législateur inscrivait dans la loi une mesure forte : celle de l’inconditionnalité de l’accueil. Par un article unique, d’une proposition de loi plus politique et électoraliste que technique et sociale, les co-auteurs du texte proposent de remettre en cause ce droit à l’hébergement d’urgence, pourtant élevé au rang de liberté fondamentale par le Conseil d’Etat en 2012.Ce texte propose ni plus ni moins un tri entre les personnes, effectué en fonction de leur nationalité et de leur situation administrative. Le délai de trente jours accordé, prévu dans le quatrième alinéa de l’article, ne constitue pas une obligation d’un maintien trente jours des personnes au sein de l’hébergement d’urgence. La rédaction de l’alinéa est claire : c’est « au plus tard le trentième jour ». Cela peut donc être beaucoup plus tôt. Les personnes peuvent donc être remises à la rue dès l’identification de leur situation irrégulière, potentiellement dès leur arrivée au sein du lieu d’hébergement d’urgence. Enfin, ce délai des trente jours n’est pas accordé aux personnes qui font l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Au regard de la systématisation progressive (et dommageable) de la délivrance des OQTF, cela revient à concerner tous (ou presque) les étrangers en situation irrégulière. Ce délai de trente jours, présenté par les auteurs de la proposition de loi comme la garantie de la non remise en cause du principe de l’inconditionnalité de l’accueil, constitue donc une double hypocrisie. Pour toutes ces raisons juridiques, cet amendement vise à supprimer l’unique article de cette proposition de loi.

En clair

Cet amendement vise à supprimer une disposition qui permettrait de limiter l'accès à l'hébergement d'urgence en fonction de la nationalité ou de la situation administrative des personnes.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle garantit un droit inconditionnel à l'hébergement d'urgence, reconnu comme une liberté fondamentale. Les personnes en situation irrégulière ou étrangères peuvent rester en hébergement d'urgence pendant 30 jours, sauf cas particuliers.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

L'article serait supprimé, autorisant la remise immédiate de certaines personnes à la rue si leur situation administrative est identifiée, sans délai garanti de 30 jours. Les personnes soumises à une obligation de quitter le territoire ne bénéficient pas de ce délai.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
Demandeurs d'emploiPersonnes en situation de handicapCitoyens
Acteurs
État et administrations centrales
Secteurs
Droits fondamentaux et libertésSécurité et ordre publicDémocratie et institutions
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Les personnes en situation irrégulière pourraient être expulsées plus rapidement, sans garantie de délai
  2. Le droit à l'hébergement d'urgence pourrait être limité pour certains groupes, affectant leur sécurité
  3. L'application de critères liés à la nationalité pourrait renforcer les discriminations
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Permettrait de simplifier la gestion des hébergements d'urgence en évitant des occupations prolongées
  • Faciliterait la réduction des risques liés à l'occupation de lieux non autorisés
▼ Contre l'amendement
  • Violeraient le droit à l'hébergement d'urgence reconnu comme liberté fondamentale
  • Pourraient marginaliser des populations vulnérables et renforcer les inégalités

 Amenda informe, elle ne décide pas à votre place. Les analyses sont strictement factuelles et sourcées — le jugement politique vous appartient.