Amendement n° 8 · Séance publique

PROTÉGER LES PETITS PORTEURS ET LES ENTREPRISES DES FONDS VAUTOURS

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Score de criticité
3/5 NOTABLE
Auteur
Saintoul Aurélien
Texte
Texte de la commission, n° 2938-A0 — Art. Article UNIQUE
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Article UNIQUE

Compléter cet article par les deux alinéas suivants : « Lorsque les instruments financiers mentionnés au premier alinéa donnent accès au capital de l’émetteur, et que leur émission, leur conversion, leur échange, leur remboursement ou leur exercice aurait pour effet, directement ou indirectement, d’entraîner l’émission d’un nombre d’actions nouvelles supérieur à 25 % du nombre d’actions composant le capital social de l’émetteur à la date de conclusion de l’opération, apprécié sur une période de douze mois glissants, l’emploi des instruments financiers mentionnés au premier alinéa est conditionné à un vote en assemblée générale à la majorité qualifiée. « Ne peuvent prendre part au vote prévu au précédent alinéa : le bénéficiaire de l’émission, les personnes qui lui sont liées, les personnes agissant de concert avec lui, ainsi que les dirigeants ou mandataires sociaux intéressés à l’opération. Le quorum et la majorité requis sont calculés après déduction des actions qu’ils possèdent. »

Exposé sommaire

Cet amendement de repli du groupe LFI prévoit qu’en cas de dilution potentiellement importante des actionnaires, les opérations de financement donnant accès au capital de la société doivent préalablement être adoptées à la majorité qualifiée lors d’une assemblée générale des actionnaires. Il s’agit toujours d’empêcher que les financements de type OCABSA ou instruments assimilés puissent fonctionner comme des machines à dilution massive des petits porteurs. L’agrément de l’opérateur dont dispose le texte adopté par la commission est plus qu'insuffisant : il faut aussi encadrer les effets concrets du produit financier sur le capital de l’émetteur. Dans ces montages, la baisse du cours peut entraîner l’émission d’un nombre croissant d’actions nouvelles, nourrissant une spirale de dilution au détriment des actionnaires existants. Le présent amendement fixe donc une limite claire : une opération qui pourrait résulter en 25 % d’actions nouvelles sur douze mois glissants doit préalablement être débattu et adopté en assemblée générale. C'est indispensable pour mettre fin aux chèques en blanc dilutifs. Ce seuil de 25%, qui reste trop modeste à notre goût, provient de ce que le Canada a mis en place pour protéger ses entreprises : sur la Toronto Stock Exchange (TSX), une émission de titres doit nécessiter l'approbation des actionnaires lorsqu'elle entraîne une dilution supérieure à 25 % des actions existantes. Cette règle s'applique notamment aux placements privés et à certaines acquisitions payées en actions.

En clair

Cet amendement exige un vote en assemblée générale pour les opérations de financement pouvant entraîner une dilution significative des actions.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle ne prévoit pas de condition particulière pour les opérations de financement donnant accès au capital d'une entreprise, à moins qu'elles ne relèvent de réglementations spécifiques.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

Si une opération financière risque d'émettre plus de 25 % de nouvelles actions sur 12 mois, elle doit être votée à la majorité qualifiée par les actionnaires, excluant les parties impliquées dans l'opération.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
CitoyensFamillesPropriétaires
Acteurs
Entreprises
Secteurs
Sécurité et ordre publicDémocratie et institutionsÉconomie et emploi
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Les actionnaires pourraient avoir plus de pouvoir sur les décisions de financement de l'entreprise
  2. Les opérations de dilution massive deviendront plus transparentes et contrôlées
  3. Les entreprises devront ajuster leurs stratégies de financement pour respecter les seuils
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Protéger les petits actionnaires contre une dilution non souhaitée de leur capital
  • Encadrer les risques liés aux instruments financiers complexes comme les OCABSA
▼ Contre l'amendement
  • Ralentir la prise de décision pour les entreprises en croissance rapide
  • Augmenter les coûts administratifs pour les opérations de financement

 Amenda informe, elle ne décide pas à votre place. Les analyses sont strictement factuelles et sourcées — le jugement politique vous appartient.