Amendement n° 7 · Séance publique

FACILITER L'ACCÈS AU LOGEMENT DES FAMILLES PAR LA CRÉATION D'UN PRÊT À TAUX ZÉRO

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Score de criticité
4/5 MAJEUR
Auteur
Sansu Nicolas
Texte
Texte de la commission, n° 2808-A0 — Art. Article PREMIER
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Article PREMIER

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

En substituant le critère de parentalité aux conditions de ressources, la proposition de loi risque de renforcer les inégalités patrimoniales existantes. Les ménages déjà favorisés par l’héritage ou les donations seraient davantage en mesure de mobiliser le PTZ dans des opérations d’acquisition. Cette modification de la nature du PTZ entraînerait donc un coût budgétaire accru, avec un risque d’effet d’aubaine pour les ménages les plus aisés. En effet, le rapport de Constance de Pélichy ayant conduit à ce texte souligne notamment que la fécondité est la plus basse autour d’un niveau de vie d’environ 1 500 euros mensuels, soit une situation sociale permettant déjà l’accès au dispositif actuel. De plus, la crise du logement ne résulte pas d’un manque d’aides à l’emprunt, mais d’un déficit d’offre lié à la sous-utilisation des logements dans les grandes métropoles du fait de logiques spéculatives. Un logement sur cinq à Paris n’est pas occupé à titre de résidence principale. Elle résulte également du sous-financement du parc social. Les bailleurs sociaux subissent une ponction massive de leurs ressources. La réduction de loyer de solidarité (RLS), mise en place en 2018, leur coûte 1,3 milliard d’euros par an. Parallèlement, le poids de l’héritage joue un rôle croissant dans l’accès à la propriété. Les ménages bénéficiant d’un héritage ou d’une donation voient leurs chances d’acquérir un logement fortement augmenter : la proportion d’acheteurs progresse de 19 points à 36 % lorsqu’un don intervient dans le deuxième quartile, et de 17 points à 44 % dans le troisième quartile. Aujourd’hui, près des deux tiers du patrimoine détenu en France sont issus de l’héritage. Enfin, le PTZ présente effectivement certains aspects critiquables, quotité, plafonds voir le zonage mais ce ne sont pas ceux soulevés par la proposition de loi. Pour ces raisons, les députés du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) demandent la suppression de cet article.

En clair

L'amendement propose de supprimer une modification qui remplacerait le critère de ressources par la parentalité pour le PTZ, risquant d'aggraver les inégalités.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

Le PTZ est actuellement attribué selon des critères de ressources, permettant aux ménages à faible revenu d'accéder à des prêts immobiliers. La loi actuelle ne modifie pas ce critère.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

Si l'amendement est adopté, le PTZ serait attribué en fonction de la parentalité (grossesse ou charge d'enfants), indépendamment des ressources du ménage, ce qui pourrait favoriser les familles aisées.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
FamillesLocatairesPropriétaires
Acteurs
Non déterminé
Secteurs
Immobilier et logementFamille et action socialeFinances publiques
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Le coût budgétaire des aides augmenterait car les ménages aisés bénéficieraient davantage de l'attribution du PTZ
  2. Les familles sans ressources suffisantes pourraient être exclues malgré la parentalité
  3. Les inégalités patrimoniales s'aggraverait grâce à l'héritage et aux donations
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • La modification permettrait de mieux cibler les familles en difficulté via la parentalité
  • Le PTZ pourrait encourager l'investissement dans l'habitation pour les ménages en situation de procréation
▼ Contre l'amendement
  • Le critère de ressources est plus équitable que la parentalité pour éviter les inégalités
  • Les ménages aisés pourraient détacher le PTZ de leur situation financière réelle

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