Amendement n° 12 · Séance publique

FACILITER L'ACCÈS AU LOGEMENT DES FAMILLES PAR LA CRÉATION D'UN PRÊT À TAUX ZÉRO

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Score de criticité
3/5 NOTABLE
Auteur
Bentorki Shéhérazade
Texte
Texte de la commission, n° 2808-A0 — Art. Article PREMIER
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Article PREMIER

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l’article 1er de cette proposition de loi. L’accession à la propriété est aujourd’hui de plus en plus difficile, voire impossible, notamment pour les classes populaires. À titre d’exemple, en 1973, parmi les 25‑34 ans aux revenus les plus faibles, 35 % étaient propriétaires, contre seulement 17 % aujourd’hui. Cette situation est le fruit de décennies de spéculation et de financiarisation accrue du logement. S’il est nécessaire d’apporter des réponses politiques à celles et ceux qui souhaitent devenir propriétaires, cela ne doit pas se faire en ouvrant le PTZ à des ménages très aisés et déjà propriétaires. Cette dépense publique supplémentaire ne répondra pas à la baisse de la natalité, comme le prétend la proposition de loi, et aggravera les inégalités de patrimoine. Cet élargissement est d’autant moins pertinent que, rappelons-le, pas moins de 29 millions de foyers sont déjà éligibles au PTZ, soit une immense majorité de la population. Face à la hausse des prix de l’immobilier, les politiques publiques ne peuvent se contenter de subventionner la demande et donc d’alimenter la bulle immobilière. La réponse structurelle réside à la fois dans l’encadrement des prix du foncier, afin de stopper la spéculation, et dans la production de logements publics. Quant à la question de l’accession à la propriété des plus modestes, nous sommes favorables au rétablissement de l’APL Accession, supprimée par Emmanuel Macron en 2018. Nous souhaitons également développer les organismes de foncier solidaire (OFS), qui dissocient le foncier du bâti en achetant le foncier tout en vendant le bâti sous bail réel solidaire (BRS), à un prix plus abordable. Voilà quelques pistes permettant d’enrayer la hausse des prix et de favoriser l’accession à la propriété. Pour toutes ces raisons, nous demandons la suppression de cet article.

En clair

L'amendement propose de supprimer une disposition qui permettrait aux ménages non primo-accession de bénéficier de prêts liés à la naissance d'enfants, afin de limiter la spéculation immobilière.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle autorise des prêts sans condition de primo-accession pour les ménages justifiant d'une grossesse ou d'une charge effective d'enfants de moins de 5 ans. Ces prêts sont destinés à financer l'acquisition ou l'agrandissement de logements, avec des plafonds de 100 000 euros par opération.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

Si l'amendement est adopté, ces prêts seront supprimés, ce qui signifie que seuls les primo-accédants pourront bénéficier de subventions liées à la naissance d'enfants ou à la charge familiale.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
FamillesPropriétairesLocataires
Acteurs
Collectivités territoriales
Secteurs
Immobilier et logementSantéÉconomie et emploi
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Les ménages non primo-accession ne pourront plus bénéficier de prêts liés à la naissance d'enfants ou à la charge familiale
  2. La spéculation immobilière pourrait être réduite en limitant l'accès aux subventions pour les non-primo-accédants
  3. Les prix de l'immobilier pourraient rester stables en évitant l'alimentation de la bulle immobilière
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Éviter que les ménages aisés ou déjà propriétaires profitent des subventions liées à la procréation, ce qui pourrait réduire les inégalités patrimoniales
  • Stabiliser les prix immobiliers en supprimant un levier de spéculation
▼ Contre l'amendement
  • Les familles en difficulté pourraient être contraintes de rester locataires si elles ne remplissent pas la condition de primo-accession
  • La suppression des prêts pourrait compliquer l'acquisition de logements pour les ménages avec enfants, surtout dans les zones à forte demande

 Amenda informe, elle ne décide pas à votre place. Les analyses sont strictement factuelles et sourcées — le jugement politique vous appartient.