Amendement n° 8 · Séance publique

APPROBATION DES COMPTES DE LA SÉCURITÉ SOCIALE DE L'ANNÉE 2024

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Score de criticité
3/5 NOTABLE
Auteur
Runel Sandrine
Texte
Projet de loi, n° 1456 — Art. Article 3
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Article 3

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à supprimer cet article 3, qui valide la stratégie du Gouvernement d’endettement croissant de la Sécurité sociale. Depuis 2017, le Gouvernement aura aggravé l'endettement de la Sécurité sociale. Si cette dégradation s’explique en partie par les dépenses de crise pendant l’épidémie de Covid-19, elle s’explique également par l’appauvrissement structurel des ressources de la Sécurité sociale. Cet appauvrissement est encouragé par le Gouvernement qui développe à tout va les exonérations de cotisations sociales : + 42,9 milliards d’euros en 7 ans depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron pour atteindre 77 milliards d’euros en 2024. Pourtant, le consensus des économistes est que ces exonérations de cotisations sociales ne sont plus efficaces au-delà de 2,5 SMIC. A l’opposé d’une telle stratégie, notre groupe propose que la Sécurité sociale réponde aux besoins sociaux et sanitaires des Français. Concrètement, il s’agirait de lutter contre les déserts médicaux, de réduire le reste à charge, de revenir sur le décalage de l'âge légal à 64 ans, de lutter contre la pauvreté croissante des ménages, notamment des enfants. La Sécurité sociale pourrait également être réorientée vers une logique davantage préventive en développant la prévention des accidents du travail, la prévention en santé, en réalisant un effort massif en termes de santé environnementale, en soutenant l’emploi des séniors, etc. C’est précisément une telle réorientation qui est recommandée par le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale, car la seule à pouvoir concilier soutenabilité financière et bien-être de la population. Constatant un tel écart entre la volonté du Gouvernement d’appauvrissement de la Sécurité sociale, et la conception de la Sécurité sociale des socialistes, nous ne pouvons qu’appeler à supprimer cet article 3. Tel est l’objet du présent amendement.

En clair

L'amendement vise à supprimer une disposition qui valide la stratégie gouvernementale d'endettement de la Sécurité sociale, en faveur d'une approche plus sociale et préventive.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi actuelle décrit une augmentation progressive de l'endettement de la Sécurité sociale depuis 2019, avec un passif net de 93,4 milliards d'euros en 2024. Elle souligne que les déficits des régimes de base et du FSV ont été couverts par les résultats positifs de la CADES et du FRR, mais que la situation des fonds propres reste instable.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

L'abrogation de cet article ferait évoluer la stratégie de la Sécurité sociale vers une approche plus sociale : réduction des coûts pour les patients, lutte contre les déserts médicaux, soutien aux seniors, et priorisation de la prévention en santé. Le système serait réorienté vers la solidarité plutôt que l'endettement.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
Patients et usagers du système de santéFonctionnairesEmployeurs et chefs d'entreprise
Acteurs
Non déterminé
Secteurs
SantéFinances publiquesAdministration publique et collectivités
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. La Sécurité sociale ne pourrait plus couvrir les déficits via des exonérations de cotisations, ce qui pourrait affecter les pensions et les services publics.
  2. Les politiques de prévention (santé, environnement) seraient priorisées, réduisant les coûts à long terme pour les ménages.
  3. L'abandon de la stratégie d'endettement pourrait stabiliser les finances publiques, mais risquerait de limiter les investissements dans les secteurs à forte rentabilité.
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • L'abrogation éviterait l'aggravation de l'endettement de la Sécurité sociale, favorisant une répartition plus équitable des ressources.
  • Une approche préventive réduirait les coûts pour les ménages et améliorerait la qualité des soins, en alignant la Sécurité sociale sur des besoins réels.
▼ Contre l'amendement
  • L'annulation de l'article pourrait compromettre la couverture des déficits actuels, risquant de destabiliser le système de protection sociale.
  • La suppression de l'article pourrait limiter la flexibilité des finances publiques face à des crises économiques ou sanitaires.

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