Amendement n° 16 · Séance publique

APPROBATION DES COMPTES DE LA SÉCURITÉ SOCIALE DE L'ANNÉE 2024

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Score de criticité
4/5 MAJEUR
Auteur
Clouet Hadrien
Texte
Projet de loi, n° 1456 — Art. Article 2
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Article 2

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Cet amendement du groupe parlementaire LFI-NFP vise la suppression de l’article 2. En premier lieu, nous refusons d’approuver l’ONDAM exécuté en 2024, qui a poursuivi l’inadéquation du niveau de dépenses pour apporter une réponse à la hauteur des besoins de santé de la population. Nous contestons l’existence de cet outil budgétaire qui ne cesse d’affaiblir notre système de protection sociale, loi de financement après loi de financement. Pour preuve, l’ONDAM 2024 était inférieur de 1,9 milliard aux besoins de financement de l’hôpital public, objectifiés par la Fédération hospitalière de France. Voter cet article revient à approuver les mécanismes de régulation de la dépense, accrus par l’annulation de dépenses mises en réserves (équivalentes à un demi milliard d’euros en 2024), qui ont contribué à majorer la dette des établissements de santé. Un constat souligné par le rapport d’application sur les lois de financement de la sécurité sociale publié lundi 26 mai : « Toutefois, 304 M€ d’annulations ont concerné les établissements de santé, ce qui a contribué à majorer d’autant leurs déficits » (Cour des comptes, Synthèse du rapport Sécurité sociale 2025, p. 13). L’ONDAM 2024 a amplifié la crise budgétaire traversée par des hopitaux en situation de surendettement : le déficit des établissements plongerait encore, à − 3,5 milliards d’euros en 2024. En second lieu, nous refusons d’approuver le montant de la dette amortie par la Caisse d’amortissement de la dette sociale, qui s’est élevé à 16 milliards d’euros en 2024. Cette situation est la conséquence directe de l’affectation injuste et illégitime de la majorité de la dette issue du Covid à la Sécurité sociale (92 milliards principalement constitués du chômage partiel, dont la finalité économique répondait avant tout à un objectif de soutien à l’activité économique qui excède la fonction première de la sécurité sociale).

En clair

Cet amendement demande de supprimer un article qui valide des dépenses insuffisantes pour les hôpitaux et une dette sociale importante.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

La loi valide 256,4 milliards d'euros pour la santé, 0 euro pour les retraites, et 16 milliards d'euros de dette sociale amortie.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

L'article 2 est supprimé, ce qui annulerait les autorisations de dépenses pour les hôpitaux et la dette sociale, exacerbant leur déficit.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
Patients et usagers du système de santéFamillesPersonnes âgées
Acteurs
Collectivités territorialesOrganisations syndicales et patronalesTrès petites entreprises
Secteurs
SantéFinances publiquesDémocratie et institutions
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Les hôpitaux pourraient voir leur déficit augmenter de 3,5 milliards d'euros en 2024
  2. La dette sociale des établissements de santé serait aggravée par l'annulation de 304 millions d'euros de dépenses
  3. Les services de santé publics risqueraient de devenir encore plus déstabilisés en raison de manque de financement
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Éviter que les hôpitaux ne soient sous-financés alors que leurs besoins sont objectivés à 258,3 milliards d'euros
  • Empêcher la poursuite d'une logique de réduction de dépenses qui a déjà augmenté la dette des établissements de santé
▼ Contre l'amendement
  • Maintenir la déduction des 16 milliards d'euros de dette sociale pour stabiliser les finances publiques
  • Préserver les mécanismes de régulation budgétaire qui évitent un déficit catastrophique pour l'État

 Amenda informe, elle ne décide pas à votre place. Les analyses sont strictement factuelles et sourcées — le jugement politique vous appartient.