Amendement n° 14 · Séance publique

APPROBATION DES COMPTES DE LA SÉCURITÉ SOCIALE DE L'ANNÉE 2024

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Score de criticité
3/5 NOTABLE
Auteur
Clouet Hadrien
Texte
Projet de loi, n° 1456 — Art. Article LIMINAIRE
Examen
1ère lecture (1ère assemblée saisie) · Séance publique
Article LIMINAIRE

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Par cet amendement, le groupe parlementaire LFI-NFP souhaite la suppression de l’article liminaire. L’article liminaire présente les recettes et les dépenses de l’ensemble des administrations de sécurité sociale exprimés en points de PIB. Le solde des administrations de sécurité sociale se retrouve donc à l’équilibre en 2024. Cet article, suivant une logique purement comptable, masque pourtant une menace pour les finances sociales : la fiscalisation croissante des ressources de la sécurité sociale, accrûe par le développement d’une TVA sociale déguisée. N’en déplaise à François Bayrou, la « TVA sociale » n’est pas une idée neuve : elle existe déjà et s’inscrit dans une logique d’assèchement des finances sociales. En raison de l’accroissement spectaculaire du volume d’exonérations de cotisations sous Macron (les allègements généraux ont augmenté de 29 milliards en 2017 à 77 milliards en 2024, soit près de 50 milliards supplémentaires), l’affectation de TVA au financement de la sécurité sociale a explosé, passant de 11 milliards en 2017 à 57 milliards en 2021. Cet impôt régressif sur la consommation appauvrit les travailleurs : la part de TVA représente 12,5 % du revenu disponible des ménages appartenant à la catégorie des plus modestes contre 4,7 % pour les ménages dans la catégorie la plus aisée. Il enferme la Sécurité sociale dans un cercle vicieux du sous-financement. Elle réduit la consommation populaire et produit un effet récessif sur les finances sociales par la baisse des recettes de TVA, par la baisse de l’activité et donc des cotisations. Il renforce la mainmise de l’État sur les finances sociales pour mieux pratiquer la politique des caisses vides : dans la loi de financement de la sécurité sociale, l’État a retiré 1,7 milliard de TVA affectée, au motif d’un moindre rendement de l’impôt sur les sociétés. Enfin, ce modèle de financement pèse sur le déficit global des administrations publiques en privant de ressources le budget de l’État, au profit d’une politique de subvention du prix du travail captée par les grandes entreprises.

En clair

L'amendement propose de supprimer un article qui masque la crise des finances sociales liée à la fiscalisation croissante des ressources de la sécurité sociale.

A

Ce qui change — avant / après

Ce que dit la loi aujourd'hui

L'article liminaire présente les recettes et dépenses de la sécurité sociale en pourcentage du PIB, montrant un équilibre en 2024. Il suit une logique comptable sans expliquer les enjeux réels.

Ce qu'elle dirait si l'amendement passe

L'article liminaire est supprimé, révélant la vulnérabilité des finances sociales face à la fiscalisation (comme la TVA sociale) qui pénalise les travailleurs et fragilise le système.

B

Qui / quoi est concerné

Populations
CitoyensFamillesSalariés
Acteurs
EntreprisesCollectivités territorialesOrganisations syndicales et patronales
Secteurs
FiscalitéDémocratie et institutionsFinances publiques
C

L'impact concret — ce qui change réellement, pour chacun

  1. Le sous-financement de la sécurité sociale s'aggrave en raison de la TVA sociale, qui pénalise les plus modestes
  2. La suppression de l'article révèle un modèle de financement défaillant qui appauvrit les travailleurs
  3. L'État accroît son contrôle sur les ressources sociales au détriment des citoyens
D

Arguments du débat — pour / contre

▲ Pour l'amendement
  • Supprimer l'article permet d'attaquer la logique de fiscalisation qui fragilise les finances sociales
  • La TVA sociale, un impôt régressif, doit être combattue pour protéger les classes populaires
▼ Contre l'amendement
  • L'article liminaire est nécessaire pour garantir la transparence des finances publiques
  • La suppression pourrait créer un vide réglementaire sans alternative claire

 Amenda informe, elle ne décide pas à votre place. Les analyses sont strictement factuelles et sourcées — le jugement politique vous appartient.